C’est ‘l’ φ…

Par | 2017-03-13T11:28:43+00:00 11 mars 2017|Non classé|

Avec ou sans perche, de quoi le selfie est-il le nom ? En particulier pour ces jeunes qui nous interrogent et chez lesquels cet usage a un succès troublant ?

Marie Darrieussecq, Truisme

Par | 2017-03-12T08:43:15+00:00 11 mars 2017|Non classé|

J’ai senti la solitude au creux de la poitrine, là, avec violence, avec terreur, avec jouissance ; je ne sais pas si vous pouvez comprendre tout ça en même temps. Il n’y avait plus rien qui me retenait dans la ville avec les gens. J’aurais voulu m’envoler comme les oiseaux si je n’avais pas été si lourde. Mais mon derrière, mes seins, toute cette chair m’accompagnait partout. En plus de la douleur dans l’échine, j’avais mal dans la poitrine, je ne voulais pas soulever ma robe pour voir où en éta

Virginie Despentes, Apocalypse bébé

Par | 2017-03-12T08:43:16+00:00 10 mars 2017|Non classé|

« Je suis la peste, le choléra, la grippe aviaire et la bombe A. Petite salope radioactive, mon cœur de comprend que le vice Transuranien, humains poubelles, contaminant universel. » […] Passe un homme qui pousse un enfant dans un landau tellement high-tech qu’on le croirait parti pour le Paris-Dakar. Trois pouffiasses de son âge le croisent sans le calculer, elles sont les poignets chargés de bracelets, chacune un portable à la main, elles piaillent. Quand elle pense qu’elle ressemblait à ça, i

Muriel Barbery, L’élégance du Hérisson

Par | 2017-03-12T08:43:17+00:00 10 mars 2017|Non classé|

… C’est la première fois de ma vie que je rencontre quelqu’un dont le destin ne m’est pas prévisible, quelqu’un pour qui les chemins de la vie restent ouverts, un quelqu’un plein de fraîcheur et de possibles. Je me suis dit : « Oh, oui, Yoko, j’ai envie de la voir grandir » et je savais que ce n’était pas qu’une illusion liée à sa jeunesse parce que aucun des enfants des amis de mes parents ne m’a jamais fait cette impression-là. Je me suis dit aussi que Kakuro devait être comme ça, quand il éta

Nathalie Sarraute, Enfance

Par | 2017-03-12T08:43:17+00:00 10 mars 2017|Non classé|

Je ne sais pas très bien…je n’en ai plus envie…je voudrais aller ailleurs….C’est peut être pour moi qu’il me semble que là s’arrête pour moi l’enfance…quand je regarde ce qui s’offre à moi maintenant, je vois comme un énorme espace très encombré, bien éclairé. Je ne pourrais plus m’efforcer de faire surgir quelques moments, quelques mouvements qui me semblent encore intacts, assez forts pour se dégager de cette couche protectrice qui les conserve, de ces épaisseurs blanchâtres, molles, ouatées q

Carson McCullers, Frankie Addams

Par | 2017-03-12T08:43:18+00:00 10 mars 2017|Non classé|

« Elle était devant le miroir et elle se sentait effrayée. Cet été là était pour elle l’été de la peur − et, parmi toutes ses peurs il y en avait une qu’on pouvait calculer mathématiquement en posant sur une table un papier et un crayon. Cet été là, elle avait douze ans et dix mois. Elle mesurait un mètre soixante-six et chaussait du quarante. Depuis l’an dernier, selon sa propre estimation, elle avait grandi de dix centimètres. Déjà les horribles petits gosses qui jouaient dans la rue cet été-l

Erri de Luca, Les poissons ne ferment pas les yeux

Par | 2017-03-12T08:43:18+00:00 10 mars 2017|Non classé|

« J’ai songé à prendre un couteau à la cuisine pour me défendre. Et je me suis surpris à penser : un couteau, pour me défendre ? Pourquoi ? Je dois me débarrasser de ce corps d’enfant qui ne se décide pas à grandir. Qu’ais-je besoin d’un couteau, je dois aller chercher ces trois-là et me faire tabasser jusqu’à ce que la coquille casse. Puisque je n’arrive pas à la forcer de l’intérieur, il faut le faire de l’extérieur. Je dois aller les chercher. Aujourd’hui, je sais que le corps se transforme t

Gaël Faye, Petit pays

Par | 2017-03-12T08:43:18+00:00 10 mars 2017|Non classé|

« Laure avait glissé sa photo dans l’enveloppe. Elle ressemblait à une des poupées d’Ana. Cette lettre m’intimidait. J’ai rougi en lisant le mot “bisou”. C’était comme si je venais de recevoir un colis de friandises, j’avais soudain l’impression d’ouvrir les portes d’un monde mystérieux que je n’imaginais pas. Laure, cette fille de France, avec ses yeux verts, ses cheveux blonds, quelque part dans le lointain, était prête à m’embrasser, moi Gaby du quartier Kinanira. » Gaël Faye, Petit pays, Par