Par | 2017-03-17T10:46:14+00:00 16 mars 2017|Constructions|

Le « temps de possibles »

A ParADOxes, les premières rencontres, dans une écoute et une attention portée à la langue orientée par l’éthique de la psychanalyse, ont souvent des effets inédits d’engagement vers des constructions singulières.

Première rencontre avec Juliette, 13 ans, en présence de sa mère qui a formulé une demande à ParADOxes, pour sa fille. La mère dit son inquiétude : chute des résultats scolaires, mauvaises fréquentations, addiction à internet, nouvel intérêt pour l’Islam, violences verbales à son égard… Juliette se tait, glisse quelques regards vers sa mère.

Hors de la présence de sa mère, je demande à Juliette : « Votre mère a-t-elle des motifs d’être très inquiète ? ». Juliette, calmement, se met à expliquer les raisons de sa moindre implication scolaire, à parler de ses fréquentations, de ses intérêts culturels et religieux qui signent son origine familiale d’Europe de l’Est. Ses explications apportent un tout autre regard sur les changements de sa vie. « Y-a-il quelque chose que vous considérez qui ne va pas pour vous ? » « Je ne suis violente qu’avec ma mère ». Juliette se rebelle envers celle qui fouille dans ses affaires et qui lui a imposé, dès le primaire, des cours de langue en dehors des périodes scolaires… Contrairement à ce que sa mère prévoyait, Juliette décide de venir mettre au travail, en séance, cette violence qu’elle éprouve envers elle.

Quant à Charlotte, 14 ans, elle s’est aliénée au signifiant « être sage ». « Sage », elle l’était à l’école, avec les copains, dans la famille. « Être parfaite » : le plus petit reproche fait à son égard soulève un poids de culpabilité irrationnelle de n’avoir pas répondu à la demande de l’Autre, et emprisonne sa vie en lui refusant l’accès à son désir. « Je trouve souvent que je culpabilise trop, c’est pour cela que j’ai du mal à dormir… Quand ils (les adultes) sont tristes ou en colère, je culpabilise ». C’est ce qui pousse Charlotte à consulter. Elle découvre d’abord que les règlements du collège ne sont plus les mêmes que ceux de l’école primaire de son village natal, comme celui « d’être sage » qui la poussait à porter cette injonction à un niveau élevé d’aliénation. Petit à petit, elle expérimente le plaisir d’apprendre pour elle-même, la satisfaction liée à la recherche personnelle de thèmes de travail, le plaisir de découvrir l’art qui va au-delà de normes établies auxquelles elle s’était ajustée, l’apaisement à être entre amies…. Peu à peu, le travail qu’effectue Charlotte s’étaye sur des données subjectives et elle parvient à s’éloigner de la nécessité de répondre à la demande supposée de l’Autre.

Pour Juliette, Charlotte, Saïd, Gustave… en découvrant des enjeux personnels à résoudre à la sortie de l’enfance, s’ouvre tout un champ de « possibles ». Ils acceptent de s’interroger sur leur position par rapport aux multiples demandes de l’Autre et s’engagent dans les consultations à ParADOxes pour découvrir des avenues singulières, plus en lien avec leur désir.

Par | 2017-03-17T10:46:14+00:00 16 mars 2017|Constructions|