Dans l’atelier écriture trouvent à se mettre en forme les coordonnées du dérangement pour que se dessine une solution nouvelle.

Oscar a seize ans, il vient à l’atelier CV suite à d’incessants problèmes de comportement qui mettent à mal sa scolarité. Il est en 1ère et désire entrer dans la police. Il raconte son sentiment de ne pas être regardé par les profs, fait le récit de son parcours scolaire et des multiples différends qui ont fait qu’il a changé de lycée.

En début d’année « ça n’allait pas, dit-il, j’avais des problèmes, j’étais buté, excusez-moi du terme, je pensais toujours que ça venait du prof. En prenant du recul, je me suis rendu compte que je mettais la graine pour que ça chauffe ». Depuis le rendez-vous entre le proviseur et ses parents, il a réfléchi. Quand je lui demande ce qui a été important dans ce rendez-vous, il me répond : « Mon père était là et franchement, ça m’a choqué. C’était la première fois qu’il venait à un rendez-vous pour moi ». Depuis la séparation de ses parents, Oscar ne voit en effet plus son père.

Nous lisons ensemble le « J’aime, je n’aime pas » de Roland Barthes puis à son tour, il dresse la liste des choses aimées où il note « la boxe ». Du côté des « je n’aime pas », il écrit : « me battre ». Je souligne l’apparente contradiction, mais il m’explique que ce qu’il n’aime pas c’est « se battre pour rien ». Finalement le rôle de la police, c’est de réguler les combats ? « Oui exactement » me dit-il.

Sur une feuille que j’ai divisée en neuf cases, je lui propose de décrire des moments importants de son parcours. Au centre, il place le jour où il a eu son brevet. Ensuite, l’entrée en 6ème : il décrit la scène avec la position de sa mère et du proviseur « avec des chaussures de papa ». Je lui demande si à la maison les places à table sont fixes : « oh oui ! ». Il me les décrit alors du temps où son père était là : « Je crois que j’ai pris sa place un peu ». Ensuite, dans la dernière case en bas à droite, il écrit le jour où il a commencé à fumer. Il me montre cet axe transversal où il a placé « ce qui tient, un axe qui tient ».

Lors du troisième rendez-vous, Oscar se présente avec un autre lycéen : « On peut faire l’atelier ensemble ? » me demandent-ils. J’accepte, ici les places ne sont pas rigides, la règle est accueillante. Oscar dessine un « chemin de vie » divisé en passé-présent-futur. Il rajoute des annotations sur des papiers collés dont « J’ai revu mon père » à côté de « progrès de comportement ».

Je remarque la forme particulière que dessine son chemin et lui dis que j’ai l’impression d’y voir la radiographie d’un bassin : le bassin c’est ce qui nous soutient, c’est ce qui est au centre du corps. Il me dit qu’en fait, ce qu’il a voulu représenter c’est la forme d’un « M » comme « Maman ».