Par | 2017-03-07T11:15:44+00:00 24 janvier 2017|Les amis de l'Institut de l'Enfant|

Chronique Haïkus

Attrapés au vol, des écrits tissent une trame pour faire avec la langue.

Ces fragments, glanés au fil des consultations par Sonia Pent, laissent apparaître dans la prise de parole de ces jeunes un pas-sans  : la création d’un espace, d’un lieu, d’une forme plus vivable pour eux. Ces espaces n’existeraient pas sans ces passeurs que sont les praticiens qui dans leurs répliques diverses, paroles, gestes, déplacements des corps, offres d’écriture, de dessin… y contribuent. Le nouage de la langue passant d’un corps à l’autre prend ici toute son importance pour dessiner les courbes du mouvement vivant.

Ces fragments disent ce qui se tisse pour chacun, d’un rapport et non-rapport à l’Autre, peut-être encore à peine audible pour le sujet qui l’énonce, mais que leur ré-écriture scandée fait surgir.

« cette année,
des profs que je supporte,
j’ai une bonne classe »

« je suis très sociable,
sauf avec les profs »

« ça va mieux
J’ai ramené de bonnes notes,
ma mère va mieux »

« il y a trois programmes à la maison,
un programme école,
un programme vacances, un programme décompression »
programme, programme.

« à présent il y a Hamed à la maison,
ça calme maman,
il va peut-être la convaincre
de me laisser jouer à nouveau ? »

« je suis du style à faire la bêtise »

« être seul, mais au centre »

« impossible d’être assise »

« je suis une enfant, dans ma tête,
j’aime bien, faire des bêtises »

« enfant,
seul dans ma chambre,
seul dans mon lit,
je créais des univers
qui n’appartiennent qu’à moi seul »

« après les attentats,
quand j’ai pris contact,
je me sentais mieux,
bizarrement »

« à table,
ils nous annoncent qu’ils vont se séparer,
Moi je dis :
si vous vous êtes jamais aimés,
pourquoi vous nous avez faits »

« pendant trois ans,
j’étais en couple,
avec une personne »

« mon père vit avec ma mère,
c’est une coloc »

« quand on est en couple,
on a un contrat tacite »

« ma famille,
ça prend beaucoup de place
dans ma vie »

« avant,
je faisais tout
comme mes parents »

« ma grand-mère paternelle demandait
quelle grand-mère préfères-tu,
je répondais : toi,
alors que je préférais l’autre »

« prendre mon indépendance, c’est oppressant »

Par | 2017-03-07T11:15:44+00:00 24 janvier 2017|Les amis de l'Institut de l'Enfant|