Par | 2017-03-07T11:15:59+00:00 25 novembre 2016|Life - No life|

Love yourself

T’écoutes quoi dans ton casque ? Un ado alter ego qui nous donne le ton !

Si j’étais une ado, est-ce que j’aimerais Justin Bieber ?

À 22 ans à peine il est un recordman de vente de disques, idolâtré par des nuées de jeunes ados en délire, connu aussi bien pour ses frasques que pour ses chansons.

Son look suit tous les codes vestimentaires en vigueur chez les jeunes de son âge : tatouage, mèches blondes, vêtements dernier cri ; il est d’ailleurs aussi mannequin.

La musique de ses chansons se retient facilement. Quant aux paroles, elles reflètent la vie sentimentale des ados.

J’en veux pour preuve la dernière, « Love yourself » : tout un programme !

Mais il ne s’agit pas là d’un conseil bien-pensant où il reprocherait à la jeune fille de ne pas assez s’apprécier. Bien au contraire ! Si on écoute de plus près les paroles, il s’agit d’un jeune homme qui en a assez de sa petite amie qui lui a fait pis que pendre. Il se dit, lui, s’être tout à fait détaché d’elle mais elle le relance, le harcèle au téléphone. Non seulement elle lui a ruiné ses plans (you rain on my parade) mais en plus elle est rentrée dans des boîtes en donnant son nom … (« all the clubs you get in using my name »). Elle n’aime pas ses copains mais c’est elle qui pose problème et pas eux : « And when you told me that you hated my friends – The only problem was with you and not them. »

Enfin, critique définitive, même sa mère qui aime tout le monde n’aime pas cette fille ! « My mama don’t like you and she likes everyone » Il lui conseille donc de n’aimer qu’elle-même : « You should go and love yourself ». Et c’est bien le narcissisme exagéré de la jeune fille qui est clairement en cause : « Car si tu aimes à ce point ton apparence… tu ferais mieux de partir et de t’aimer toute seule. » « Cause if you like the way you look that much – Oh, baby, you should go and love yourself. »

La chanson, pour toucher les ados, semble prendre son origine dans la vie affective du chanteur qui s’étale à longueur de magazines. Elle est clairement présentée comme autobiographique : « Je ne voulais pas en faire une chanson, car je ne voulais pas qu’on croit que tu comptes encore pour moi » « And I didn’t wanna write a song – Cause I didn’t want anyone thinking I still care. »

L’identification à la belle âme est facile, le propos n’est ni polémique, ni très agressif. C’est le détachement et le renvoi de l’autre à ses problèmes qui priment et l’amour ne peut trouver d’autre adresse que la personne propre. Vicissitudes de l’individualisme triomphant…

Par | 2017-03-07T11:15:59+00:00 25 novembre 2016|Life - No life|