Par | 2016-11-28T12:32:55+00:00 25 novembre 2016|Métamorphoses|

« J’ai grandi d’un coup ! »

Avant, Luc recevait des coups, après c’est lui qui les donne. Entre les deux, la puberté lui fait un sale coup. Dure métamorphose !

Au sortir de l’enfance, un changement s’opère, que Freud nomme « métamorphoses de la puberté ». Luc peut ainsi témoigner du point de bascule entre un avant et un après. C’est cette expérience d’« après l’enfance » qu’il viendra déplier dans nos rencontres jusqu’à pouvoir faire avec cette difficile traversée.

Luc est actuellement un adolescent de 16 ans. Il est adressé au CMP par son collège à l’âge de 13 ans, suite à une agression à l’encontre d’un enseignant et lorsqu’il s’avère que les sanctions disciplinaires n’ont plus aucun effet sur lui.

Enfant, il ne se battait jamais, il était battu par ses pairs. Pour autant, il se dit « être un battant qui a tenu à la vie » depuis sa naissance. En effet, sa mère ayant eu des complications lors de son accouchement, il considère qu’il aurait dû être mort. C’est suite à un lointain déménagement – il était alors âgé de 10 ans – qu’il a « grandi d’un coup » !

De fait, depuis son entrée au collège la menace semble réelle et immédiate, il veut faire « sa révolution ». Au point que ses camarades le décrivent comme la « terreur du collège ». Ainsi, depuis toujours il est celui qui est battu et qui se bat.

À la suite d’une des réunions avec le collège, la mère de Luc lui dira : « ta psychologue, elle s’est battue pour toi ! ». Cette formule sera reprise en séance afin d’introduire une différence entre se battre « contre » quelque chose et se battre « pour » quelque chose. Luc s’en empare et choisira dorénavant de se battre autrement : c’est à dire « pour » son projet professionnel.

Le coup qui a fait grandir Luc a désormais une autre visée, ce qui lui permet de devenir celui qui « se bat pour la vie ». Une métamorphose s’accomplit.

Par | 2016-11-28T12:32:55+00:00 25 novembre 2016|Métamorphoses|