Par | 2017-03-09T12:26:09+00:00 8 mars 2017|T'es sérieux !|

Les Gros Mots de Clarence Edgard-Rosa

Clarence Edgar-Rosa est journaliste de presse écrite. Elle a notamment collaboré au magasine Elle et Causette. À son actif, le tout récent Les Gros Mots, abécédaire joyeusement moderne du féminisme publié aux éditions Hugo&Cie qui propose au lecteur une introduction au vocabulaire du féminisme contemporain. La même année, elle participe à l’ouvrage collectif Pornographisme initié par Mickaël Draï, dans lequel elle écrit un section consacrée à la représentation des femmes dans la pornographie.

 

Comment votre livre a été reçu par votre public « ado » ?

J’ai pas mal de retours de jeunes filles (et garçons), justement. Pour certaines jeunes filles avec qui j’ai pu échanger, le livre a été une manière de mettre des mots sur des phénomènes qu’elles ressentaient, qu’elles vivaient mais qu’elles croyaient individuels alors qu’ils concernent presque toutes les filles et femmes. C’est génial pour moi d’avoir des retours comme ceux là ! J’ai aussi eu quelques mails de très jeunes mecs, qui me disaient avoir mieux compris ce que vivaient les filles autour d’eux. L’un d’entre eux, 19 ans, m’a dit que ça l’avait décidé à réagir dorénavant quand il était face à un comportement sexiste, ce qui est génial à son âge. J’ai vraiment voulu que mon livre soit accessible et qu’il fasse peut-être aussi des ponts entre les générations. Avec des références qui parlent aux ados mais aussi d’autres plus accessibles à la génération de ma mère, je crois que c’est un bon moyen de se faire comprendre par le plus grand nombre. Parce que le féminisme concerne tout le monde.

 

Constatez-vous une évolution chez les jeunes dans les mots pour aborder le féminisme, la féminité ?

Je pense que pour beaucoup d’entre eux le vocabulaire militant – le mot « féminisme » en fait partie – est souvent abstrait, et c’est bien normal sauf à avoir été élevé par des parents ouvertement féministes. Le concept de « girl power » parle certainement davantage à la jeune génération parce qu’il est porté par tout un tas de pop stars qui se l’approprient. Quand j’étais gamine, les Spice Girls ont fait infuser en moi une vague idée de girl power, de revendication d’indépendance et de fierté d’être une fille, mais ça restait flou. Avec des immenses stars, comme Beyoncé, qui s’approprient le mot « féminisme », ça peut bouger aujourd’hui, mais dans le même temps ce terme est sans cesse galvanisé. J’ai fait récemment un micro-trottoir sur les mots du féminisme et force était de constater qu’ils faisaient flipper – ou déstabilisaient – les très jeunes autant que les papi-mamie ! Il y a encore un gros travail à faire pour expliquer ce vocabulaire et permette à chacune et chacun de se l’approprier pour se libérer des petites cases genrées.

Par | 2017-03-09T12:26:09+00:00 8 mars 2017|T'es sérieux !|