Par | 2017-03-07T11:15:58+00:00 25 novembre 2016|Un ado chez nous|

Le choix de Freud

Est présenté ici le choix de Freud pour nommer ce qui plonge le sujet après l’enfance et ouvre sur un incroyable bricolage à partir de marques plus anciennes. Un fabuleux voyage entre contingence et nécessité.

Dans son texte d’orientation de la 4ème Journée de l’Institut de l’Enfant, En direction de l’adolescence, Jacques-Alain Miller indique « Ce que l’on peut dire d’une façon générale, c’est que l’adolescence est une construction ».

Prenons-le comme une invitation à revenir à Freud sur cette délicate question du passage de l’enfant à la « grande personne ».

L’inventeur de la psychanalyse a préféré au terme d’adolescence celui de puberté pour qualifier ce moment de la vie où l’enfant tente de devenir grand. En choisissant le terme de puberté, Freud se réfère à son savoir de médecin, c’est-à-dire à la physiologie plutôt qu’aux sciences humaines.

La question de la puberté fait partie intégrante de sa théorie sexuelle infantile. Elle traverse l’ensemble de son œuvre, il en rend compte dès 1905 dans ses Trois essais sur la théorie de la sexualité, et la met en exergue jusqu’à la fin de sa conceptualisation en particulier dans Abrégé de psychanalyse, son dernier ouvrage, écrit en 1938 et qui resta inachevé à sa mort, survenue en septembre 1939. Dans ce livre, il condense les doctrines de la psychanalyse élaborées au cours de son expérience.

Si le terme d’adolescence désigne les phénomènes sociaux et psychologiques de cette période de la vie, le terme de puberté retenu par Freud, lui, nomme un moment de la sexualité d’un adulte en devenir, moment qui prend en compte les bouleversements du corps de l’enfant.

Au cours de « La métamorphose de la puberté », selon l’expression de Freud, certains choix de l’enfance sont réactualisés afin de découvrir l’objet sexuel de prédilection. C’est le moment où les transformations à l’œuvre vont amener l’organisation de la vie sexuelle infantile à sa forme achevée, l’autoérotisme de l’enfant s’effaçant devant le primat de la zone génitale.

Cet éveil bouleversant, extrêmement complexe et paradoxal de la puberté s’accompagne d’impasses voire de mises en abime devant l’irruption du sexuel. Celui-ci fait surgir la dysharmonie au cœur même de l’humain ce qui se révèle absolument insupportable pour le jeune à la fois avide de liberté et grandement apeuré par sa conquête. Sandy, 13ans, prénom et corps androgynes, quitte ainsi un instant sa tristesse et ses sanglots envahissant chaque séance pour crier l’insupportable incarné par ses parents. À la séance suivante, ses sanglots redoublent pour dire combien sa mère lui manque alors que celle-ci est toujours très présente dans la vie de sa fille.

Les métamorphoses du corps, du rapport à l’être et à l’existence, où vie et mort s’entrechoquent, sont incontournables au parlêtre pour le conduire à trouver le chemin de sa vie sexuelle.

Par | 2017-03-07T11:15:58+00:00 25 novembre 2016|Un ado chez nous|