Par | 2017-03-07T11:15:44+00:00 24 janvier 2017|Les amis de l'Institut de l'Enfant|

Chronique Julieta, d’Almodovar : l’énigme d’un départ

« Ce film est le dévoilement sublime et tout en ellipses de l’énigme d’une jeune fille disparue mêlée à celle d’une jeunesse envolée ».

« Antía a choisi sa propre voie et vous n’en faites pas partie » : cette phrase bouleverse la vie de l’héroïne du dernier film de Pedro Almodóvar, Julieta. Encore une fois, le réalisateur traite avec finesse l’énigme du féminin. Cette fois, il met en scène la vie d’une femme égarée, ravagée par l’amour. Le réel s’énonce : une mère est abandonnée par sa fille. Sans un mot, Antía, quand elle a 18 ans, a disparu de la vie de sa mère, Julieta.

Le père d’Antía est décédé quand elle était très jeune. Un jour où Antia se rend à la maison de ses parents, elle apprend la raison qui a précipité la mort de son père. Une dispute entre ses parents avait révélé l’existence d’une autre femme, et suite à cette dispute son père avait pris son bateau pour partir en mer malgré l’orage qui se dessinait à l’horizon. Cette découverte pour Antía semble alors être le déclencheur de son départ.

Des années plus tard, lorsque Julieta rencontre la meilleure amie d’enfance de sa fille, Bea, un nouvel éclairage du départ d’Antia apparaît. L’amie en question énonce à la mère ce qui était l’insupportable pour sa fille et qui touchait aussi à un pan du sexuel : ce qui a fait vraiment fuir Antía, c’est la relation entre les deux jeunes filles, « c’était devenu un enfer… elle avait honte de notre relation ». C’est l’irruption de l’énigme de la sexualité qui a fait fuir Antía et l’a poussée à mettre l’Autre radicalement à distance.

Par | 2017-03-07T11:15:44+00:00 24 janvier 2017|Les amis de l'Institut de l'Enfant|